Au Bourget, une escale magique au Musée de l’Air et de l’Espace

LE WEEK-END PARISIEN. Les collections de l’institution du Bourget, hommage à l’histoire de l’aviation française, et les centaines d’artefacts des ateliers et de la réserve de Dugny, commune voisine, sont entretenus par des techniciens passionnés.

Une opération de levage est en cours. Aurélia Ducrot, la directrice chargée de superviser les mouvements de tous les objets dans les réserves, un restaurateur et trois techniciens travaillent autour d’un planeur de 1968. La mission d’aujourd’hui est de le fixer sur un châssis, qui peut être sécurisé avec un treuil est attaché au magasin la machine. en mezzanine donnant sur l’immense hangar. Vous ne voyez pas un avion voler dans le ciel tous les jours sans ses ailes!

Dans un hangar de Dugny (Seine-Saint-Denis), un planeur aux ailes enlevées est hissé sur une plate-forme pour être placé sur une mezzanine.
Dans un hangar de Dugny (Seine-Saint-Denis), un planeur aux ailes enlevées est hissé sur une plate-forme pour être placé sur une mezzanine. Nicola Lo Calzo

Dans les collections dites «sensibles», sont conservés des objets fragiles, comme un avion en bois piloté par Georges Guynemer, un héros de la Première Guerre mondiale, des costumes, des peintures… La veste est ici conseillée. Dans un souci de conservation, la température est maintenue à 14 ° C. Nous sommes occupés à Dugny, à deux kilomètres à vol d’oiseau du Musée de l’Air et de l’Espace du Bourget (Seine-Saint-Denis). Dans les coulisses ça bouge, ça répare, ça range, ça trie, ça réorganise, la poussière …

Une riche collection de plus de 650000 pièces

Cependant, cela fait plus d’un an que le musée, partiellement installé dans le terminal de ce qui fut le tout premier aéroport de la région parisienne après la Première Guerre mondiale, a été fermé au public, écrit Covid-19. Cet institut est exceptionnel par sa taille – 3 hectares -, son ancienneté – il date de 1919 – et l’architecture art déco du bâtiment principal, signé par Georges Labro, en 1937. L’espace dédié à l’entretien des collections, en Dugny, il couvre environ 12 hectares, soit près de 17 fois la pelouse du Parc des Princes. Il est utilisé pour le stockage et peut accueillir des ateliers de restauration. «Notre objectif est de conserver le plus possible l’avion dans l’état dans lequel il a terminé son service», explique la commissaire Marie-Laure Griffaton, «et d’avoir une collection représentative de l’histoire de l’aviation».

Le Musée de l'Air et de l'Espace est situé dans l'ancien terminal du Bourget (Seine-Saint-Denis).  Les réserves et ateliers sont situés de l'autre côté de l'aéroport, à Dugny.
Le Musée de l’Air et de l’Espace est situé dans l’ancien terminal du Bourget (Seine-Saint-Denis). Les réserves et ateliers sont situés de l’autre côté de l’aéroport, à Dugny. Nicola Lo Calzo

Une riche collection de plus de 650000 objets, allant du Boeing aux maquettes en bois, en passant par les gondoles dirigeables ou les satellites, le tout collecté depuis 1919 grâce à des dons privés, des dépôts de l’armée et des achats. Dernières acquisitions à ce jour: un Jaguar A91, un avion de combat supersonique de la guerre du Golfe (1991) avec l’impact d’un missile encore visible, un dessin d’aérostat, ou l’ULM Sirocco, à bord du Français Patrice Franceschi. monde de 1984 à 1987 et offert personnellement par l’aventurier.

Rien d’extraordinaire donc, même s’il est impressionnant de se retrouver sur un terrain immensément accidenté, entouré de ces géants de l’aluminium qui sont une Constellation radieuse, une Caravelle signée “Air Provence”, une entreprise aujourd’hui disparue, ou encore une Boeing 727 aux couleurs de FedEx. Il y a dix hangars autour de ce parking extraordinaire.

L’équipe est confrontée chaque jour à de nouveaux défis. Comme si vous deviez transférer un avion du Bourget vers un musée de Montélimar ou de Bordeaux sans le laisser voler. Sur les quelque 400 appareils de la collection, une cinquantaine sont entreposés dans toute la France. Un tel déménagement peut prendre des mois, voire des années. Il faut gérer les dossiers d’exposition, étudier le mode de transport de la machine et voir si, une fois sur place, toutes les conditions sont réunies pour l’accueillir au mieux.

Patrick Dettling, spécialiste de la restauration du patrimoine technique, utilise une brosse pour nettoyer le tableau de bord d'un avion de 1962.
Patrick Dettling, spécialiste de la restauration du patrimoine technique, utilise une brosse pour nettoyer le tableau de bord d’un avion de 1962. Nicola Lo Calzo

Mais ces «envois» ne se réfèrent pas nécessairement à de grosses machines. «Récemment, j’ai passé une demi-journée à conditionner trois pièces, d’environ quatre pouces chacune, à partir d’un avion Antoine de Saint Exupéry. Ils ont dû être envoyés en analyse à la demande d’un restaurateur », explique la directrice Aurélia Ducrot.

Un autre privilège de l’équipe est de dépoussiérer les pièces à l’aide d’un aspirateur avec micro extraction. Dans l’hypothèse où une action serait nécessaire dans des lieux plus délicats, ce travail long et minutieux est confié à l’un des trois spécialistes, dont Patrick Dettling. De plus, ce spécialiste du patrimoine technique dépoussière un tableau de bord de 1962 dans l’entrepôt de l’atelier. «J’ai dû retirer les autocollants collés dessus avant de retirer les traces de colle adhésives», explique-t-il.

Chaudronniers, mécaniciens, peintres, menuisiers …

A ses côtés, un stagiaire, Théophile Vergnaud, étudiant en master à la Haute-Ecole Arc, en Suisse, travaille dans la restauration et la conservation d’objets scientifiques, techniques et horlogers. Depuis plusieurs semaines maintenant, une boussole de navigation datant des années 1930 a été centrale. Il doit fournir un moyen de restaurer l’étanchéité de l’instrument, rempli d’un liquide dont il ne connaît pas la composition, dès qu’il aura L’a ouvert. «Nous travaillons avec des chimistes et des ingénieurs», ajoute-t-il.

Par souci de précision, une photo du crash d'Henri Guillaumet en 1930 a été utilisée pour restaurer un Potez 25.
Par souci de précision, une photo du crash d’Henri Guillaumet en 1930 a été utilisée pour restaurer un Potez 25. Nicola Lo Calzo

Dans les pièces attenantes se trouvent les ateliers des chaudronniers, mécaniciens, peintres, charpentiers, meuniers … Ces experts de l’aviation, une quinzaine au total, sont aussi de véritables passionnés. Certains passent leur temps libre dans une association de réparation d’avions, Les Ailes Anciens, hébergée sur le site. Au milieu de l’entrepôt, difficile de ne pas être fasciné par le squelette en bois clair d’un Potez 25 au milieu d’un chantier. Pour lui donner l’aspect qu’il avait lors de sa conception en 1924 par un certain Henry Potez, les différents spécialistes vont devoir apprendre les techniques de l’époque en étudiant des plans et des photographies anciennes.

De plus, quelques photos de celles d’Henri Guillaumet traînant sur l’établi, source d’inspiration. Ce pilote français est devenu célèbre en 1930 lorsqu’il a survécu à un accident dans les Andes et à un trek de cinq jours dans des conditions extrêmes. Une fois que l’équipe aura fini d’insuffler à l’avion la magie d’antan, elle rejoindra la grande galerie du musée, le 1906 Vuia, le plus ancien avion de la collection, prêt à être admiré par les enfants. Et grand.

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Ref. : leparisien.fr

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