Fin de la traque en Dordogne: avec la crise sanitaire, l’épidémie inquiétante de fous

La chasse à Terry Dupin s’est terminée lundi après 36 heures de souffrance en Dordogne. Mais comme cet ex-soldat, de plus en plus d’hommes deviennent «fous». Un phénomène exponentiel lié à la crise sanitaire.

1,83 m de nerfs, la coupure d’un soldat en congé, le menton rongé par une longue barbe marron. Terry Dupin, 29 ans, a été arrêté lundi, grièvement blessé à la gorge par un tir de représailles, après une chasse de 36 heures dans une forêt de Dordogne, aux portes de Condat-sur-Vézère. Ce chauffeur de camion devenu ex-militaire, condamné à quatre reprises pour violences conjugales, avait entamé sa folle promenade dans la nuit de samedi à dimanche, avec une nouvelle flambée de haine chez la mère de ses trois enfants à la maison, et la nouvelle compagne de ce dernier. Poursuivi par les gendarmes, il avait disparu parmi les feuillages, lourdement armé et dangereux. Forcé.

A la mi-mai, un visage différent, glabre et jeune, apparut sur les écrans alors que les hélicoptères tournaient au-dessus des châtaigniers des Cévennes. Valentin Marcone, un père de 29 ans passionné par les armes à feu, venait de tuer son patron et un employé de la scierie où il travaillait. Il s’est caché, introuvable, dans un trou à 600 m de sa maison pendant 83 heures avant de se rendre aux gendarmes. Forcé.


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Le mot frappe la porte des journaux comme une gifle d’un club avec des intervalles de plus en plus courts. Depuis l’assassinat de trois gendarmes par Frédérik Limol, ce mari violent plongé dans un délire survivaliste et paranoïaque, le 22 décembre 2020 à Saint-Just (Puy-de-Dôme), les choses se sont multipliées. Elles impliquent des hommes seuls, armés et enragés, selon le portrait composite dressé par le GIGN et le Raid, les deux forces de gendarmerie et de police spécialisées dans la gestion de ces crises aiguës.

Le phénomène est “exponentiel”, confirme le général Ghislain Réty, à la tête des hommes noirs du “GI”. «Nous sommes intervenus 27 fois depuis le 1er janvier pour des cas de folie. C’est deux fois plus que l’an dernier pour la même période. Le Raid, avec 54 saisines pour «perturbations majeures de l’ordre public» en 2021, ne se lancera plus dans des convois de super-agents, mais sera appelé pour des délits plus graves.

“Le Covid a mis les gens sous pression, et certains d’entre eux ont explosé”

Dans la soirée de dimanche, alors que des centaines de gendarmes étaient déployés dans les talons du fugitif de Dordogne, un septuagénaire s’est réfugié dans son appartement de la grande banlieue parisienne, à Emerainville (Seine-et-Marne) après avoir vu son voisin et un autre avait tiré. ami, tué sur le coup. L’ancien voleur, avec une longue histoire de prison, s’est rendu après deux heures de négociations. C’était la sixième fois en cinq mois que le Raid l’appelait une “frénésie post-meurtre”. En 2020, les super agents en avaient identifié 5 tout au long de l’année.

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Sous le terme «fou», utilisé par les uniformes, différents profils et pâtes se déploient. Une minorité, paranoïaque ou schizophrène, a un profil psychologique pathologique. Mais ils sont tous liés par le même débordement, explique un policier. «Une vague de problèmes qui les accable» et finit par les faire exploser, d’autant plus que la crise sanitaire et ses conséquences avaient déjà brisé des digues.

Au terreau néfaste de la violence familiale, de l’isolement social et de l’insécurité économique s’ajoute la fusion explosive de la consommation d’alcool et de stupéfiants, qui a fortement augmenté depuis les incarcérations successives. «Depuis l’automne 2020, on assiste à une énorme augmentation des demandes de soins pour les plaintes d’anxiété et de dépression et une nette réactivation des symptômes addictifs», confirme le professeur de psychiatrie Pierre-Michel Llorca, directeur de la Fondation FondaMental. . «On peut penser que la crise sanitaire joue un rôle, confirme le général Réty. Le Covid a mis les gens sous pression, et certains d’entre eux ont explosé. Il y a un effet autocuiseur. “

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Ref. : leparisien.fr

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