Volcan Nyiragongo: «Nous sommes à un moment crucial» pour le volcanologue Benoît Smets

Au jeudi 28 mai, près de 400 000 personnes ont évacué Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Une nouvelle éruption du volcan Nyiragongo est encore à craindre, même si les tremblements de terre ont clairement diminué en intensité. Le volcanologue Benoît Smets fait le point.

RFI : depuis vendredi matin, les tremblements à Goma ont considérablement diminué en intensité. Doit-on considérer cela comme un signe d’amélioration durable?

Benoît Smets : Si l’on ne regarde que la sismicité, on peut en fait être «biaisé» en se disant que l’activité est apaisante. Il y a toujours le même nombre de tremblements de terre, mais leur intensité diminue en termes de magnitude. Si nous regardons simplement cela, nous voyons en fait qu’il y a une diminution. Mais si on regarde la déformation du sol, donc le sol qui bouge à cause du magma qui bouge, il se déplace encore en profondeur. Nous n’avons donc pas le signal qui nous dit qu’il s’arrête. En fait, ce que nous avons maintenant est peut-être le calme avant la tempête. Par conséquent, nous avons actuellement de nombreuses réserves sur les changements qui s’opèrent au niveau de la sismicité. Nous sommes à un moment crucial. Nous aurons peut-être plus d’informations à ce niveau demain. Ce que nous pouvons dire pour être rassuré, c’est qu’en 2002 nous étions dans un scénario où nous avions cette activité sismique et lorsque l’intensité diminuait, c’était le signe que nous approchions de la fin du résultat.

(Edition spéciale) Evacuation de la ville de Goma

Ce samedi 29 mai, vous vous y rendrez, à Goma. Comment pouvez-vous participer à distance à la surveillance de ce volcan jusqu’à présent?

Il faut savoir que les réseaux de mesure de l’Observatoire Vulcanologique de Goma arrivent à l’observatoire en temps réel, mais ils arrivent également au Luxembourg en temps réel. Cela signifie que nous pouvons aider l’observatoire à traiter les données. Et nous avons également un aperçu des données sur la déformation du sol et des tremblements de terre. En discutant des observations de terrain de l’Observatoire, nous pouvons tirer des conclusions, un consensus entre scientifiques qui nous permet de fournir quelque chose de plus crédible et précis sur ce qui se passe.

Vous pensez que l’observatoire a pu donner un avertissement opportun car nous parlons de problèmes de financement et de gestion qui pourraient affecter son fonctionnement. Quelle est votre opinion à ce sujet ?

L’Observatoire vulcanologique de Goma a manifestement des problèmes de financement fondamentaux. Ils sont donc très dépendants des projets internationaux pour faire leur travail. Mais leurs techniques et leurs moyens de surveillance sont très modernes, principalement grâce à l’aide internationale. Fondamentalement, ce qui se passe ici, c’est que nous avons eu une éruption cutanée qui n’a pas averti. Donc, cette capacité de surveillance et ces problèmes de financement n’ont rien à voir avec le fait que nous n’avons pas pu détecter l’éruption. Le volcan n’a donné absolument aucun avertissement. Il n’y a aucun signal qui pourrait nous dire, ” attention, quelque chose va changer ».

Lire aussi: Eruption du Nyiragongo: au Rwanda l’accueil des personnes déplacées est organisé au mieux

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