Cameroun : Joseph Beti Assomo et mission à Maroua

Le Mindef y est en visite depuis hier jeudi pour revoir le dispositif, suite à la recrudescence des attaques de Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord.

Le Mindef, Joseph Beti Assomo est en mission commandée dans les régions de l’Extrême-Nord, du Nord et de l’Adamaoua. Une descente sur le théâtre des opérations, sur instructions du président de la République, Paul Biya, chef suprême des Forces armées. Il est question pour le Mindef et l´Etat-Major de voir de près la situation qui prévaut dans cette partie du département du Mayo Tsanaga, avec la multiplication des attaques depuis plusieurs semaines, localité en proie aux attaques djihadistes de Boko Haram.

Mokolo, premier village frontalier avec le Nigeria, épicentre des attaques répétées ces derniers temps de la secte djihadiste de Boko haram, était la première escalade de la descente du ministre délégué à la Présidence chargée de la Défense, Joseph Beti. Au regard de l’urgence de la situation, le Mindef était accompagné par le chef d’État-major des armées, René Claude Meka, et une importante délégation de hauts gradés. L’objet de la visite, est celle de revoir le dispositif en place, mais surtout de mettre sur pied de nouvelles stratégies plus efficaces, pour mettre la définition hors d’état de nuire à ces brigands. Occasion de galvaniser les troupes, mais aussi d´inviter les populations à plus de collaboration. Cette visite de travail de deux jours, permettra de faire le point des opérations de maintien et de rétablissement de l’ordre, ainsique de sécurisation et de protection des populations et de leurs biens.

Après la première réunion de sécurité tenue à la préfecture de Mokolo en matinée, la seconde à eu lieu et après-midi au poste de commandement de la 3e Région Militaire interarmées à Garoua, Région du Nord. Cap sur Ngaoundéré ce jour, pour le meme exercice dans les services du gouverneur de la Région de l’Adamaoua, avec le retour des enlèvements avec demandes de rançon. Suivra la visite des recrues du contingent 2022 en formation au Centre d´Instruction des Forces Armées Nationales (CIFAN) de Ngaoundéré. Depuis plusieurs années, le Cameroun est confronté à l’insurrection du groupe Boko Haram, né au Nigéria. Les violences ont déjà fait plus les 1 500 morts, 155 000 déplacés internes et 73 000 réfugiés. Si les premières attaques datent de mars 2014, la présence du groupe djihadiste dans l’Extrême-Nord du Cameroun remonte au moins à 2011. Il s’est appuyé sur un réseau de complicités locales et a exploité les facteurs de vulnérabilité que partage avec le Nord-Est du Nigeria.

Alors que les dix-huit premiers mois du conflit ont été marqués par des affrontements conventionnels, Boko Haram a adopté un mode opératoire asymétrique. Le gouvernement s’est focalisé sur la réponse militaire avec un certain succès, mais les causes structurelles qui ont facilité son implantation conservée. La lutte contre Boko Haram requiert le réadapter le dispositif sécuritaire et de mettre en place des politiques de sortie de crise durables pour éviter que la menace ne résurgisse sous d’autres formes et n’alimente l’insécurité dans la zone.

Moïse Moundi / 237online.com

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